Destruction de la mairie : les 13 jours noirs de la commune

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Le 16 novembre 2018, le début de la fin est annoncé.

Les engins sont en place pour détruire tout un pan de l’histoire de la commune, couvrant près d’un siècle de notre histoire.

Une agonie qui va durer 13 jours. 13 longs jours où les Féréopontains qui se déplacent au cœur de ville auront à chacun de leur passage un peu plus le cœur brisé.

Ils étaient nombreux ceux que l’on a rencontrés, immobiles devant la vision de cette mâchoire broyant tout ce qui se présente devant elle, ne sachant pas s’il s’agit de la réalité ou d’une mauvaise fiction.       De nombreux anciens annoncent leur départ de la commune, ayant la vision en direct de ce qu’il advient quand on fait tout pour que les intérêts privés priment sur l’intérêt public.

Depuis 1924, et la décision de Maurice Leroy d’installer à Ponthierry la mairie de la commune de Saint-Fargeau dans un immeuble de la famille Lefranc, 15 maires se sont succédé.

15 maires se sont retrouvés dans ce bâtiment pour façonner, chaque jour durant près d’un siècle, ce qui deviendra ensuite la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry.

Près d’un siècle de vie municipale avec tous ses employés qui s’y sont succédé, avec ses habitants qui l’ont animée.

Et le tout est réduit, avec quelques coups de pelles, en gravats

Toute cette mémoire est désormais enfouie à jamais, à l’image de ce patrimoine artisanal que la commune s’était engagée à conserver auprès de la famille Bailly, condition essentielle pour accepter la vente de sa maison à la commune.

  • Oui, après avoir agrandi la mairie une première fois en 1996, nous l’avions de nouveau agrandie en 2000 avec l’achat de l’immeuble de monsieur Bailly.
  • Oui, nous avons fait les travaux pour permettre le lien entre les deux bâtiments.
  • Oui, nous avons aménagé le rez-de-chaussée par de gros travaux avec la création de l’accessibilité et du sas d’entrée.
  • Oui, nous avons installé la climatisation sur tout le deuxième étage.

Comment osez-vous diffuser ma signature collée à une soi-disant volonté de détruire ce que nous avions toujours décidé de renforcer ? Votre grossier montage est honteux avec cette signature collée au dossier de la ZAC multisites que nous avions annulée en janvier 2012, comme vous l’aviez d’ailleurs vous-même rappelé au conseil municipal de décembre 2014.

Quelles que soient les nouvelles orientations que vous avez choisies de prendre, responsabilité qui vous appartient en tant qu’élus majoritaires, rien ne justifiait de démolir ce symbole emblématique de notre commune.

Alors que vous avez attendu le résultat du recours sur les illégalités du permis de construire en première instance, rien ne justifiait de ne pas attendre le résultat du jugement du Conseil d’Etat dont la jurisprudence met à bas l’argument de forme retenu pour rejeter le premier recours.

Pourquoi ne pas attendre que le jugement de fond soit prononcé ? Et si demain il était jugé que ce permis n’était pas légal ?

En parlant de ce chantier de démolition dans le Parisien du 30 novembre, vous nous reprochez notre recours et vous déclarez, pour justifier le démarrage des travaux, je vous cite : « On a perdu 18 mois ».  Mais pourquoi ce « ON a perdu» ? Qui a perdu 18 mois ? Le promoteur BDM ? OUI bien sûr. Le bailleur Trois Moulins Habitat ? Oui !

La commune dont vous êtes censé représenter les intérêts ? NON, bien entendu.

La commune n’a rien perdu ! Les constructions prévues n’étant en rien un projet au service d’un quelconque aménagement profitable à notre commune. De simples bâtiments en plus, encore plus, toujours plus.

Alors pourquoi dites-vous : « ON a perdu » ? Abus de langage ? Ou, après avoir bradé les terrains communaux à 200 euros le mètre carré là où cela en vaut le double, vous n’arrivez plus à cacher les signes d’une collusion inacceptable !

Derrière ce gâchis irrécupérable il y a des noms qui resteront gravés à cette meurtrissure

Le nom de celui qui est à la fois « coupable » et à la fois « responsable » de ce gâchis : votre nom qui restera gravé à jamais comme celui qui appauvrit le patrimoine communal plus qu’il ne l’enrichit.

Les noms de ceux qui sont coupables avec vous : proches complices qui signent les yeux fermés l’acte de décès et dont certains ici présents, pourront prétendre à la plus haute marche du  podium du « plus grand casseur de l’histoire de notre ville », en cumulant les votes pour la destruction du dernier château de la commune (Moulignon) au profit d’un simple lotissement, avec ceux pour la destruction de la maison Madelin qu’avait occupé le général de Gaulle au profit d’un promoteur, et enfin la démolition de la mairie historique au profit d’un de vos amis, comme vous l’avez vous-même dénommé.

Les noms enfin des « responsables » sans être vraiment coupables : tous ces autres élus qui retrouvent leur nom associé à ce massacre, sans toujours maitriser les enjeux d’un dossier que vous avez géré en catimini, à l’image de cette signature de l’acte de décès sans qu’aucun élu ne soit convié à venir. Mais, par leur vote, ils se sont retrouvés à accompagner l’irrémédiable quand d’autres élus ont eu le courage de démissionner, refusant d’assumer l’inassumable.

Tous, soit par complicité plus ou moins active, soit par passivité, tous ont contribué à différents niveaux à ce qu’à jamais Saint-Fargeau-Ponthierry soit outragé, que Saint-Fargeau-Ponthierry soit brisé, que Saint-Fargeau-Ponthierry soit martyrisé !

Vous serez tous comptables de vos actes, voire de vos non-actes, devant l’histoire de cette belle commune dont nous avons la fierté d’avoir toujours contribué à l’embellir.

Quelques exemples parmi les plus visibles : la restauration des Communs de Mouligon voués à être démolis, la restauration de l’église de Saint-Fargeau, celle des lavoirs de Tilly, d’Auxonnette, de Jonville, celle du Centre Leroy, l’acquisition et le réaménagement de la base de loisirs, la création des vignes de Saint-Fargeau.

Nous ne sommes pas certains que vous puissiez ressentir la même satisfaction, la même fierté en passant devant l’ex 69 avenue de Fontainebleau, que celle que nous ressentons quand nous passons devant tous les lieux cités que nous avons fait vivre ou revivre année après année.

Nous avons confiance en l’histoire qui saura distinguer les bâtisseurs de notre patrimoine, ceux qui ont embelli à jamais notre commune de ceux des casseurs qui ne savent que la défigurer, à jamais.

Nous souhaitons dédier cette déclaration à Jeannine Lefranc, partie avant de devoir assister au pire et constater les effets de vos décisions : une immense cicatrice qu’aucun pansement n’arrivera à refermer !

5 commentaires

  • Merci de mettre « en mots » notre douleur, notre peine…
    Merci de rappeler tout ce que cette maison commune a vu d’évènements importants, tristes ou gais.
    Merci tout simplement d’être là où vous êtes, d’être la parole des Ferreopontains, des anciens et aussi des nouveaux qui sont attachés à l’histoire de notre ville.

    Bonnes fêtes de fin d’années à vous tous et toutes, et continuez d’agir comme vous le faites.

  • Bravo! Mais vous êtes encore trop gentils avec eux.
    Il est vrai que notre ville ne va plus être le petit coin tranquille entre les deux agglomérations que sont Corbeil et Dammarie-Melun.
    Je n’aimerai pas être à leur place, damnés à tout jamais pour le crime de lèse-ville.
    Un Féréopontain outré.

  • Je partage totalement votre commentaire, j’espère que le corps électoral saura se souvenir de l’infamie au moment de renouveler les mandats !

  • Merci pour cette belle réaction citoyenne : rien, en effet ne justifiait de démolir ce symbole emblématique de notre commune !
    Seuls l’appât du gain et la bêtise peuvent expliquer de tel geste !
    Merci de nous le rappeler! Et que l’intelligence et le coeur nous aident à réparer ce gâchis…
    Il est toujours temps !
    JBA

  • A quand un article dans la presse? Peut-être faut-il en passer par les médias pour signifier les « grandes œuvres » du maire ? Cela a sans doute été fait…

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